Un plaidoyer pour l’aventure du quotidien

Qui aime les plats épicés ? Au début, pas grand monde ! Le palais et les papilles n’y sont pas prêts ! Et petit à petit, une fois les premières expériences passées, on s’y fait et on aime, tout en agrandissant sa palette de saveurs. En 2019, nous avons eu l’occasion d’aller en Inde. Territoire risqué pour nos papilles européennes. La prudence était de mise, et le souvenir de la réaction gastrique de certains amis aventureux est toujours très présent dans mon esprit ! Il y a donc un juste milieu entre partir radicalement à l’aventure et vivre sagement et trop prudemment.

Pourquoi je parle de tout cela ?

Très simplement. La recette d’une vie pleine de saveurs se situe là. Entre les deux. Entre l’extravagance exagérée et la quiétude absolue. On navigue entre ces deux extrêmes.

On est conditionné toute notre vie à ne pas tenter, ne pas échouer, ne pas trop réussir, ne pas trop faire de bruit, ne pas trop se différencier, ne pas changer, ne pas évoluer, ne pas changer son histoire familiale, rester dans le rang etc. A tel point qu’on croit profondément que la satisfaction se trouve dans une vie calme, sans secousse et surtout sans inconfort. Est-ce l’école, l’éducation, la famille, nos amis, les médias ou encore la loi qui nous y pousse ? Peu importe, le constat est le même. 

Pour ma part, je ne crois pas dans une vie parfaitement nomade, complètement isolée, à l’envers de tout et surtout contre tout, contre le système, en vénérant « la vie d’avant », à la Robinson Crusoé ou tel un ermite perdu dans ses montagnes vivant avec ses animaux et coupé du contact humain. Non. L’humain est un animal social et bien que la solitude temporaire ait du bon, son prolongement sans fin nous pousse à la folie. 

Toutefois, je crois qu’on doit s’inspirer d’une dose de cette idéal de vie si spécial pour revenir aux essentiels, qui sauront nous rapprocher des émotions et sentiments que chacun recherche quelque part au fond de lui. Une légèreté, une compréhension de son environnement, une vie en accord avec celui-ci et une sagesse de vie, le plus purement possible.

On se satisfait aujourd’hui d’un salaire, pour être sûr de pouvoir payer la voiture que l’on a acheté… pour aller gagner ce salaire au travail !

On se satisfait aujourd’hui d’une alimentation malsaine et terriblement abondante et accessible tout en la laissant nous déborder et prendre le contrôle sur nous, notre corps et notre santé.

On se satisfait aujourd’hui d’avoir un weekend par semaine et cinq semaines de congés payés par an en contrepartie d’un travail qui nous éloigne de notre liberté, de nos enfants, de notre nature et de nos passions.
On se satisfait aujourd’hui de s’habiller avec les mêmes habits et marques que son voisin, pour se conformer et plaire à des gens que l’on n’estime même pas ou pour séduire un patron ou une société et s’y faire accepter.

On se satisfait aujourd’hui de courir sur un tapis de course, musique dans les oreilles et télévision en face des yeux pour s’assurer de ne jamais sortir de notre coquille et de ne pas se perdre dans des chemins inconnus.

On rejète l’inconnu, l’incertitude, l’inconfort sans comprendre que c’est très exactement l’absence de ces états qui provoquent une vie si insipide et inodore. 

Croyant et ressentant que l’on va mal alors que nous, contemporains, avons « la plus grande qualité de vie » que l’humain n’a jamais eu en 300 000 ans sur Terre, on compense par:

  • des divertissements idiots que l’on regarde pour se rassurer sur le fait qu’il y a des gens pires que nous 
  • des sorties le samedi après-midi pour aller faire du shopping inutile et qui s’amasse pour impressionner des gens que l’on n’aime pas, avec de l’argent que l’on n’a pas
  • idolâtrer des gens qui ont une certaine compétence mise en avant, mais qui sont peut-être de terribles personnes. Un athlète à succès qui trompe sa femme à longueur de temps. Une vedette de cinéma d’une arrogance notoire. Un politicien à l’ambition féroce et malhonnête. J’en passe.
  • Des rendez-vous programmés pour fêter et célébrer des semaines à l’avance, se désinhiber et enfin faire ressortir sa vraie identité grâce à quelques verres de trop.
  • des anti-dépresseurs pour combattre le spleen d’une vie qui tourne en rond. 17,4% des français consomment des calmants. 9,7% des anti-dépresseurs.

Et surtout, on se compare. On se tue en s’en voulant de ne pas être au niveau de ses idoles ou de ses voisins. Sans comprendre que notre code génétique, notre entourage, notre éducation et les milliers d’autres facteurs qui rentrent en ligne de compte ne peuvent tout bonnement pas donner le même résultat. Ce n’est pas leur but. Il est certain que là où l’on manque de compétences par rapport à d’autres, il existe bien des domaines que l’on n’a jamais exploré où l’on deviendrait une référence si l’on prenait la peine d’oser.

Mettons un terme à cette fuite en avant, cette course effrénée qui ne mène nulle part.


C’est bien de cela dont je parle. Ce remède, c’est d’explorer. Ajouter une dose d’aventure, une dose d’incertitude et d’inconfort. L’inattendu nous met en alerte. Il éveille nos sens et nous assure d’être stimulé quand les grands défis arrivent. Car, à se cacher d’un inconfort qui fait partie de la vie, on ne fait en fait que s’exposer à des difficultés qui arriveront inéluctablement et qu’on ne saura encaisser.

L’aventure, a plusieurs vertus, et notamment celle d’être prêt !

Tentez !

Alors, comment démarrer, ici, maintenant, peu importe où on est, une vie plus savoureuse via une dose d’aventure ?

Premièrement lister ce que l’on fait régulièrement qui n’est pas capital à notre bien-être.

  • Regarder la télé
  • Grignoter par désespoir
  • Rester seul
  • Trop de temps sur le téléphone et les réseaux sociaux
  • Trop manger
  • Trainer 
  • Binge-watcher des séries Netflix
  • Se morfondre
  • Lire des articles putaclik
  • Chatter inutilement et parler mal des autres
  • Tant d’autres !

Ensuite, ajouter, graduellement pour éviter de réitérer  l’expérience indienne, des épices et de l’aventure.

Comment le faire et par quoi commencer ?
Quand on prend du recul, c’est absolument incroyable que l’on ait tellement été conditionné que si quelqu’un nous donnait, à nous humain, ne serait-ce qu’un mois de libre hors de notre vie actuelle, on ne saurait pas comment l’utiliser. Sans plan, sans consigne, sans objectif, on est perdus. Alors que le champ des possibilités est infini ! 

Pour ces raisons, il est indispensable de multiplier les petites aventures du quotidien, pour être prêts aux grandes, et être préparés à prendre le maximum de l’aventure qu’est la vie.

Alors on commence, et simplement !


Lors d’un précédent article, j’ai eu le loisir de remettre au goût du jour l’indispensabilité du risque dans nos vies ici.

Partir à l’aventure, c’est déjà l’accepter. Accepter de perdre une partie de ce que l’on a, pour le chérir encore plus si et quand on le retrouve. Combien perdent la valeur des choses, des gens et des relations quand ils y sont en présence chaque jour ?

Alors prendre des risques. Dans la mesure de son appétence au risque, qui grandit chaque jour. 

Dans un monde fait de béton et de clim, on doit se connecter à plus de nature. Chaque jour. Partir en balade, quotidiennement. Et quitte à partir en balade, couper son téléphone. Mode avion dans un premier temps pour les aventuriers en herbe. Sans carte. Et sans temps défini. On oublie Google Maps ou les montres connectées qui vont rajouter du chiffre, du stress et parfois de la compétition là où il n’y en a pas. S’aventurer dans le plus beau chemin, pas celui qui nous ramène le plus vite à la maison. Et pas uniquement celui dont on aime mieux la texture, mais bien de la nouveauté. Et si d’aventure, on se trouvait trop loin de la maison pour rentrer à pied, prenons le bus, faisons du stop, ou poussons plus loin en rentrant en courant !

Un geste quotidien qui génère plus de bienfaits qu’on ne le croit. Finir sa douche par 30s de douche froide. Très froide. Le plus froid du robinet. En se concentrant sur sa respiration et en coupant ses autres pensées. On se focalise sur le moment, sur la douleur et le calme nécessaire. Vous y trouverez un apaisement sans égal.

Se réveiller, boire un grand verre d’Aloe Vera et de Thermojetics et partir trottiner. Sentir l’air frais et revigorant. Écouter les bruits de la nature quelques heures avant que les hommes l’aient prise d’assaut. Ou encore une fois par semaine, partir au travail en vélo. On voit le monde et les paysages différemment sur son vélo. Il suffit d’essayer. 

Sur ce chemin, oser changer de trajet et découvrir de nouveaux quartiers. En levant les yeux. Il pleut ? Voilà une aventure supplémentaire ! Prendre le temps de discuter avec un inconnu. Apprendre à connaitre les gens qui ne nous ressemblent pas, a priori. Poser des questions et écouter. On a tant à apprendre des expériences de tous.

 Dans cette journée d’aventure, allez manger au restaurant. Un restaurant de spécialités d’un pays que vous connaissez mal. Et demander au chef de vous faire un florilège de ce qui se fait de mieux. Sans consigne, sans limite et avec une once de crainte, essayer. Parler à la table d’à coté, leur sourire et engager la conversation qui mènera qui sait à la création d’une relation, ou à l’échange de quelques mots. En retournant au travail, visiter par de petits chemins ou de petites rues un environnement que l’on croit connaître et s’arrêter dans un magasin nouveau. Tout en ajoutant une touche à son style vestimentaire. Une originalité. Les gens vous regarderont différemment. Et c’est un défi de passer outre le regard des autres. 

Avant de rentrer chez soi, Passer faire ses courses dans un nouveau magasin et se mettre au défi de changer ses habitudes en ajoutant à son panier un nouveau légume, une nouvelle saveur que l’on exploitera dans une nouvelle recette ou séance de cuisine en famille !

Prendre un cours, apprendre une autre langue, lire un livre et se perdre dans une librairie et dans les mémoires d’aventuriers ou d’explorateurs du monde. Pourquoi ne pas lire en extérieur d’ailleurs, dans un parc ou en forêt ? Quitte à être dans la forêt, prendre son courage à deux mains et mettre les pieds voire le corps entier dans l’eau. Idiot ? Oui, mais vivant !

Se fixer des défis et concentrer son énergie dessus. Courir 1km en 4 ou 5mn, courir 100km en un mois, s’inscrire à une course locale ou encore tenter un nouveau sport. Retrouver les joies de la douleur physique et du dépassement de soi. Il est bon d’aller chercher une compétition saine face à soi-même avec une volonté de s’améliorer. On oublie souvent que l’effort poussé nous permet de faire le vide et être mentalement obnubilé par une chose unique, son effort. Les bienfaits sont inégalables. 

La richesse de l’aventure, c’est qu’elle n’a pas de frontière. On commence par un plat surprise dans un restaurant et on en finit à s’imaginer de nouvelles perspectives professionnelles. Paradoxalement, la confiance qui est générée par de l’inconfort et des défis réguliers mène à de l’ambition. 

Et l’ambition, c’est l’aventure, car on explore des territoires vierges de son esprit et de sa vie. S’aventurer à gagner un peu plus d’argent que les années d’avant. Pas uniquement pour l’argent, mais pour l’effort que l’on doit fournir pour le gagner. Et donc la personne que l’on devient dans le lot. Comment ? Si votre patron ne vous le donne pas, commencez l’aventure moderne d’un petit business parallèle. Achetez et vendez, rendez des services, rejoignez une entreprise de marketing de réseau en rejoignant notre équipe , ouvrez votre blog, commencez à écrire, dessinez ou peignez et participez à une exposition…

Les possibilités sont incalculables.

Le modèle école / boulot / retraite est mort. Ou plutôt il nous tue à petit feu. Il tue notre ambition, notre instinct et nos velléités d’aventure. Il faut s’en éloigner. En démarrant par un changement, l’effet cumulé fera le reste. Ce qu’il faut pour démarrer ? Un peu de courage et surtout enlever l’équation du temps. Je ne sais pas à quelle heure vous prendrez connaissance de cet article. Peu importe. Prenez la voie de l’aventure maintenant ! Filez sous la douche froide ! Cuisinez avec ces produits que vous laissez pourrir dans le frigo. Prenez vos baskets et allez marcher dehors ! Empruntez le chemin, l’adrénaline et le bonheur générés vous donneront les réponses pour la suite. Et si vous ne connaissez pas encore la suite, et bien, bienvenue dans un monde d’aventure !

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