Risqué de vivre ou risquer de vivre ?

Texte qui se veut court mais profondément important dans la conduite de sa vie. La réflexion est née d’une récente conversation autour du risque d’entreprendre par rapport à la sécurité de suivre un schéma traditionnel.

SENEQUE, philosophe romain, nous donne une belle leçon dans son texte la Brièveté de la vie: « Vous vivez comme si vous deviez toujours vivre, jamais votre fragilité ne vous vient à l’esprit. Vous ne remarquez pas combien de temps a déjà passé. Vous le perdez comme s’il coulait à flot, intarissable, tandis que ce jour, sacrifié à tel homme ou telle occupation, est peut-être le dernier. Comme des mortels, vous craignez tout, mais comme des immortels vous désirez tout. Tu entendras la plupart dire: « à Cinquante ans, je prendrai ma retraite » Et de qui donc as-tu reçu la garantie d’une vie plus longue ? Qui permettra que tout se passe selon tes dispositions ? N’as tu pas honte de garder pour toi les restes de ta vie et de ne destiner à la sagesse que le temps qui ne peut être employé à aucune occupation. Qu’il est tard de commencer à vivre au moment où il faut cesser ! Quel stupide oubli de la condition mortelle que de remettre à cinquante et soixante ans les saines résolutions et de vouloir commencer la vie à un âge auquel peu d’hommes parviennent ! »

Le cadre est posé. Violemment pour certains, comme un réveil pour d’autres.

Cette réflexion est née lors d’une discussion avec une de nos chalengeuses, devenue Team Member avec nous il y a peu. Connaissant notre évolution et notre « réussite » dans notre métier ainsi que notre passion, elle nous a demandé, comme finalement beaucoup le font: « n’est-ce pas trop risqué de se lancer en tant que distributeur indépendant ? »

Cela nous amène à considérer de manière plus large le risque. La plupart des gens estiment le risque à finalement très court terme. « Si ça s’arrête; si je ne peux plus payer mes factures, si je suis au chômage; si je dois changer pour un plus petit appartement ; si je suis déçue ».  Viennent s’y ajouter les questions de base, que l’on nous a imposées depuis notre plus jeune âge, à l’école, en famille, entre amis: « est ce que je vais cotiser pour ma retraite ? Et si je dois tout reprendre à 0 ? Que vont en penser mes proches ? Que faire si j’échoue ?… »

A plus long terme, si on essayait d’identifier le risque, on se rappellerait que, quoi qu’il arrive durant le court laps de temps que nous avons sur Terre, il n’y a qu’une seule certitude: ce temps est limité et il s’arrêtera sans prévenir. Aussi, cela nous invite à penser que finalement, le but ne serait-il pas de multiplier les expériences, d’essayer de se voir grandir, de tâcher d’évoluer et de tâcher de se connaître, s’aligner à ses valeurs et faire le bien autour de soi pendant ce court temps imparti ? Au contraire, certains, communément, essayent de rapidement arriver à un point « de sécurité » afin de ne plus faire de vague, souvent autour de la trentaine, afin de ne plus avoir d’effort spécial à fournir et de rester assis, bien au chaud en espérant ne jamais être touché par les orages de la vie. Avoir un travail, bien payé mais pas trop, trouver un logement agréable mais pas trop, habiter proche de l’endroit qu’on a toujours connu, répéter les schémas familiaux en pensant que c’est la bonne chose à faire, s’engager dans des projets mais pas trop… Il y a mieux dans la vie que de vivre avec pour maître mot la prudence ! Il y a des valeurs plus défendables que la peur du risque ! Transmettre, partager, construire, tout ça implique une part de risque et ce sera TOUJOURS le cas !

Mais finalement, le risque principal ne serait-il pas d’avoir été tellement prudent dans sa vie, qu’on en a raté toutes les merveilles disponibles

L’humain n’est-il pas le seul être sur Terre à limiter sa croissance ? Avez-vous déjà vu un arbre se stopper volontairement de grandir ? Non, il va chercher la lumière le plus haut possible ! Il fait de son mieux pour être le maximum de ce qu’il peut être, sans convention sociale ou autres normes si ce n’est de faire de son mieux.

Dans un monde comme celui d’aujourd’hui, avec Internet, les moyens de communication et toutes les autres opportunités, il est plus facile de trouver des clients que de trouver un patron. Et nous nous dirigeons vers ce type de société. Rares sont les employés qui se voient pleinement heureux d’avoir la reconnaissance, le salaire, la liberté, les responsabilités, les horaires etc..  Mais ceci fera l’objet d’un autre article ultérieur. Le risque d’être au chômage, d’être renvoyé, d’avoir ses revenus limités, d’avoir ses horaires définies et inamovibles est un risque bel et bien réel. Il faut donc considérer la notion de risque dans son ensemble, pas à échelle d’un mois ou d’une année mais bien à l’échelle d’une vie.

Repensons au texte de SENEQUE: « de qui as-tu donc reçu la garantie d’une vie plus longue et d’une retraite assurée ? ». Vivons avec audace, d’un mélange subtil de risque, de vertu et de sagesse !

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